Ce que les tonneliers ont laissé
Deux cents cercles, une réserve de douelles, un palan et un sol de brique usé par le roulement des barriques. Nous avons bâti la maison autour de tout cela.
Le chantier, le canal, les futailles

L'entrepôt travaillait pour les caves du massif : on montait les futailles ici, on les descendait au quai par une rampe, et les péniches faisaient le reste jusqu'à l'étang.
Le métier a disparu avec la cuve d'acier. Le dernier tonnelier a gardé l'atelier fermé vingt ans, sans rien vendre de son matériel.
Nous avons reçu les clés en 2021 avec une seule condition écrite : ne pas décrocher les cercles du mur nord. Elle nous convenait très bien.
- Le chantier
- La partie basse, contre le canal, aujourd'hui les huit tapis.
- Le palan
- Il montait les fonds de barrique ; il porte le tableau du menu.
- Les douelles
- Le chêne de la réserve, devenu étagères sans être recoupé.
Trois volumes, trois usages
| Volume | Autrefois | Aujourd'hui |
|---|---|---|
| La halle haute | Stockage des douelles sèches | La salle à manger, soixante places |
| Le chantier bas | Montage et cerclage des futailles | Les huit tapis de cartes |
| La rampe au canal | Descente des barriques vers le quai | L'entrée de service et la cour |
Quatre choses qui ne changeront pas
Les cercles restent au mur : ni à vendre, ni à décrocher, ni à emporter.
On joue pour le compte des points, à toutes les tables, sans que rien ne soit misé ni gagné.
La carte ne dépasse jamais quatre lignes, même un samedi de salle pleine.
Un taxi part du comptoir avant qu'un client repris de boisson ne retrouve son volant.